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La Pupille Céleste qui contenait des milliers de milliards de galaxies...

Photo du rédacteur: Jasper Le Forban
Jasper Le Forban
2 oct.
4 min de lecture

“Sorry I’m late,I’m afraid I got lost on the path of life.”

Kakashi Hatake

Naruto, Masashi Kishimoto



Né par accident d’un imbroglio de potasse alchimique au début du XVIIIe siècle, le bleu de Berlin – plus connu sous le nom de bleu de Prusse – s’est rapidement exporté en Europe avant de venir se noyer dans La Grande Vague de Kanagawa d’Hokusai, dans le Japon de l’ère Tenpō. En 2026, Samantha NICOLAS a choisi de récupérer les éclats profonds d’une écume ayant fait le tour du monde pour injecter ce pigment singulièrement mouvant dans la pupille pourtant étrangement fixe d’un Strigiforme où, désormais, même le temps semble retenir son souffle face à l’espace et à l’expansion perpétuelle de ses milliers de milliards de galaxies. Pour naître, chacune d’entre elles a dû s’effondrer brusquement sous le poids de la gravité afin de pouvoir allumer ses étoiles, tandis que leur mort ressemble plus à une dormance qui s’installe lentement lorsque les gaz qui leur servent d’oxygène s’épuisent, jusqu’à ce que l’agonie soit telle que leur lumière s’essouffle, ne laissant plus brûler que les plus patientes de leurs étoiles, des naines rouges qui saignent en silence dans le vide. Celui des trous noirs supermassifs qui avalent tout ce qui les approche de trop près est si noir que les peintres voient alors parfois leur Vantablack pâlir sous leurs yeux, reculant prudemment face à l’immense vertige qui se déclenche lorsque des pinceaux parviennent à capter l’essence même de la matière et qu’elle cesse d’obéir aux lois qui devraient la contenir.


Dans l’art, la matière première est chromatique. Les tons bleus évoquent le froid inéluctable de la mort, tandis que le rouge hurle la chaleur de la vie. La dichotomie entre les lois de la physique newtonienne et ce que la peinture nous suggère est alors si criante qu’on comprend aisément comment Kakashi décide d’attribuer ses retards à des phrases aussi cryptiques que nonchalantes, qui n’expliquent pas plus qu’elles ne justifient ses détours incessants sur ce chemin complexe qu’est la vie. Pourtant, aussi criant soit-il, ce paradoxe semble, dans l’œuvre de Samantha NICOLAS, nous parler doucement pour nous inviter à un voyage intérieur qui nous révèle subtilement que les profondeurs de nos consciences s’étendent bien au-delà de nos corps, car la notion même de réalité pourrait n’être qu’une question de perception. Et ce sont les questions que sa Demie-Chouette semble nous poser : sommes-nous prêts à embrasser l’infini de nos Êtres pourtant finis ? Si oui, pouvons-nous également concéder qu’une fin puisse conserver en elle une part d’infini ?


Pour cela, il nous faut accepter de regarder sans trembler l’unique pupille du Strigiforme, où le bleu de Berlin répond à l’aplat de la toile parsemé de bleus, jaunes, noirs et blancs qui explosent au ralenti derrière une Demie-Chouette beaucoup trop sereine face à un mouvement qu’elle a manifestement décidé d’ignorer pour nous observer, nous. Dilatée à l’extrême dans une tonalité de bleu de Berlin presque noir, sa pupille parfaitement immobile devient ainsi céleste. Elle voit au-delà du temps, de l’espace, des formes, des identités et des apparences, nous contraignant ainsi à construire nous-mêmes la moitié qu’elle refuse de nous révéler. Réduire cet appel à une opposition entre ombre et lumière serait bien trop réducteur face à une peinture qui reflète l’immensité que chacun de nous porte. Le blanc du plumage a beau trancher au point de donner l’impression qu’un katana a découpé le rapace nocturne de la Voie lactée, la Demie-Chouette de Samantha NICOLAS est tout sauf l’exposé d’opposés et n’interroge pas non plus les complémentarités. Elle utilise une couleur extrêmement spécifique pour nous plonger non pas dans des profondeurs, mais dans des immensités. Et lorsque nous réalisons enfin que nos continents, notre planète, notre galaxie et l’univers sont immenses, nous comprenons alors que notre conscience l’est tout autant.


Libérés des limites invisibles des murs que nous avons nous-mêmes construits pour nous y enfermer, la Demie-Chouette de Samantha NICOLAS nous révèle alors son secret : nous avons été conditionnés à rêver dans des contenants qui n’existent pas. Dès lors que nos esprits et nos corps s’unissent pour franchir main dans la main les seuils invisibles qui nous retenaient prisonniers, nous pouvons enfin rêver pleinement et voir nos rêves les plus authentiques se manifester dans une réalité que nous reconnaissons désormais pour ce qu’elle est : un espace sans limite que nous pouvons modeler pour y exister pleinement, sans plus jamais douter de la légitimité de nos identités ou de nos capacités à imaginer. Pour cela, il faut accepter de fermer les yeux et de faire le premier pas qui nous mènera de l’Autre Côté, là où nous pourrons construire la seconde moitié de la Demie-Chouette qui, elle, regardait déjà les tréfonds de notre Âme depuis l’autre moitié de nous-mêmes.


Critique d’art par Jasper Le Forban

Écrivain, Critique d’Art et Guide-Conférencier National

© 2026 - Tous droits réservés. ©



FLASH INFO - AUTOMNE 2026

La Demie-Chouette de Samantha NICOLAS bénéficie actuellement d'une remise exceptionnelle ! Cette acrylique sur toile de 46 x 33 cm est proposée cet automne à -40%, soit 480€ au lieu de 800€ !

Vendue encadrée dans une caisse américaine noire, l'œuvre est accompagnée de son certificat d'authenticité et peut être envoyée partout en France métropolitaine.

Pour plus d'informations, contactez directement l'artiste Samantha NICOLAS !

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